week-end au Nebraska

Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /2008 15:00

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Apres notre visite des bas quartiers d'Omaha, direction le Strategic Air & Space Museum, un musee sur l'aviation militaire americaine a une trentaine de miles au sud d'Omaha, judicieusement placé a proximite de l'interstate 80, juste apres avoir traverse la riviere Platte. Le billet d'entree a un prix modere, $7 par adulte.
Des le parking le ton est donne : ca va etre du pan-pan boum-boum. Deux missiles nucleaires (neutralises, on l'espere), toisent les voitures en stationnement du haut de leurs vingt metres.


sur le parking du musee



Dans le hall d'entree du musee trone un SR-71, le fameux avion le plus rapide du monde (officiellement, car on ne sait pas ce que les militaires trament en secret...) avec une vitesse de croisiere de Mach 3. Wou hou !


tout ca pour aller prendre des photos chez les russes et chez les chinois



Quelques details interessants sur cette bete rare : la temperature du fuselage atteignant plusieurs centaines de degres en vol, celui-ci est concu pour avoir ses dimensions 'nominales' a vitesse elevee, donc au sol, en l'absence de dilatation, le fuselage est comme un crane de bebe : pas jointif. Du coup les reservoirs de carburant fuient au sol, et l'avion doit etre ravitaille une fois en vol avant d'entamer sa mission. D'autre part sa vitesse lui autorise, en cas de prise en chasse par un mechant missile ennemi, a se permettre le luxe de lui echapper... tout simplement en accelerant. Brrrrroum !
Le musee est constitue de deux grands hangars, remplis d'avions divers et varies, mais tous militaires, of course.


le hangar A, passablement encombré


Pour ceux qui sont interesses pour voir, de tres pres, des avions militaires, ce musee est un excellent choix. Par contre on reste un peu sur sa faim pour ce qui est des details techniques (mais apres tout les militaires aiment bien garder leur secret, meme apres plusieurs decennies), et pour ce qui est du cote historique, 'recadrage dans le contexte', je suis reparti avec plus de questions qu'en arrivant. Disons qu'evidemment, je me plains en bon intellectuel raleur francais que je suis. Le bon americain de base lui se contente des panneaux a cote de chaque avion, qui tentent tous, par des manoeuvres plus ou moins demagogiques, de toujours faire apparaitre les termes "le plus quelque chose, le plus ceci, le plus cela" dans leur descriptif. On est aux US, vous vous souvenez ?
Mais ne chipotons pas, et j'admets que je ne me suis pas ennuye pendant les quelques heures passees a fureter parmi toutes ces carlingues. Voici une selection de photos prises par T. et moi dans le musee.


un train d'atterrissage de SR-71, dont les pneus sont gonfles a l'azote (nitrogen en anglais) pour eviter une combustion en vol



dans la soute d'un bombardier (suis-je une tete nucleaire ?), un B-52 ?



sous l'aile protectrice du bombardier B-52, un octo-reacteur (non, pas de version civil !)



le nez du fameux B-52



une replique de cabine de pilotage d'un B-52



Sur la photo ci-dessus, vous pouvez constater le nombre d'indicateurs sur la face avant de la cabine de pilotage, sachant qu'il y en a autant sur les deux cotes, ainsi qu'au plafond. Mais, apres avoir regarde de pres tous ces petits bidules, je vous affirme que c'est juste de l'esbrouffe. En effet chaque reacteur (et il y en a huit sur un B-52 !) dispose de ses controles. C'est un peu comme si vous aviez une pedale d'accelerateur pour chacun des quatre cylindres dans votre moteur de voiture... bon j'exagere un peu, mais j'ai compris avec cette replique que le cote 'tournis' d'une cabine de pilotage d'avion tient aussi au fait que chaque reacteur, chaque aile, chaque reservoir, a ses propres petits controles. Par contre il n'y a qu'un seul altimetre. J'en aurais bien vu huit aussi : un pour le pilote, un pour le train d'atterrissage, un pour la bombe dans la soute, deux pour les reservoirs, etc etc, ha ha ha !



sous l'aile d'un B-36 "Peacemaker"



Ca ne se voit pas bien sur la photo ci-dessus, mais le B-36 est 'original', car c'est un avion doté de six moteurs a helice (chacun etant un moteur de 28 cylindres et 71 litres de cylindrée pour plus de 3000 chevaux que j'aimerais bien voir dans ma Ford Explorer) montés en propulsion (= l'helice a l'arriere des ailes) et non en traction, et muni de quatre reacteurs additionnels (??). Niveau consommation de carburant, au moins on est sur d'atteindre des sommets. L'autonomie de cette chose etant cependant excellente d'apres mon ami wikipedia (> 12000 km, >24h de vol).
Cependant en raison de son envergure et de sa lenteur (relative), ce bombardier etait une cible facile et plusieurs tentatives furent effectuees pour l'equiper d'une protection valable, dont des mini-chasseurs au look et au nom rigolos, les XF-85 Goblin, sans succes.


un "goblin". Ce machin vole !



Tout ceci se trouve dans le Hangar A. Le Hangar B est un peu plus degarni, et d'autres avions encore en restauration ne sont pas visibles de pres (dont un modele de bombardier B-29, le meme modele que le tristement celebre Enola Gay).


un bombardier B-1


Comme vous pouvez le constater, le B-1 est un quadri-reacteur, plus gros qu'un Airbus 320, mais plutot que d'emporter deux cents passagers dans une quete frenetique de pollution de l'atmosphere en brulant des hydrocarbures, les militaires preferent y entasser seulement quatre bonshommes et soixante tonnes de bombes, nucleaires au besoin. A chaque fois que je pense a ces bombes nucleaires, a l'Enola Gay, a Hiroshima & Nagasaki, j'ai le vertige. Pas vous ?
Apres ces sombres pensees, nous quittons le musee et reprenons la route vers Omaha. Un petit stop chez Subway pour manger un sandwich puis nous retournons a l'aeroport et rendons la voiture. Bilan du week-end : a peine 217 miles (349 km) parcourus, mais ca n'etait pas le but non plus... Malgre le pessimisme de T. notre retour se passe bien et nous attrapons sans probleme notre correspondance a Detroit. Et voila, c'est tout pour ce flash-trip !



bye bye Nebraska



le passage souterrain original entre les terminaux a l'aeroport de Detroit


tout reprendre depuis le debut : article 1/5
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Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /2008 11:00

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Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /2008 10:00

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Dimanche matin, neuf heures. Pendant que je ronfle encore comme une turbine de SR-71, T part faire quelques photos.


Omaha de jour. C'est loin d'etre charmant



ah, il y a de la vie et de la nature



ici aussi c'est l'automne



Old Market de jour, avec les citrouilles pour Halloween



une bagnole bien pourrie



Howard St et South 11th St, c'est l'intersection a retenir si par malchance vous allez a Omaha



A dix heures je me leve a contrecoeur et nous quittons l'hotel Magnolia d'Omaha. Je crois que c'est un hotel qu'on peut conseiller.


notre hotel a Omaha



Pour le brunch, T a fait des recherches sur Internet pour, selon ses dires, "trouver un endroit bien typique et bien pourri". Vu l'endroit ou nous nous rendons finalement, c'est reussi ! Le pourri est sans doute exagere car le service est tout a fait acceptable, mais c'est typiquement americain. Ils appellent ca un "dinner", le notre portant le nom d'Hollywood dinner'. C'est un restaurant tout en long, par exemple dans une imitation de wagon, avec la deco correspondant au nom, et on s'assied a des tables de quatre avec des banquettes pour deux de chaque cote de chaque table, le tout rangé en long sur un cote du restau. Chaque table forme ce qu'ils appellent une 'booth', qui veut dire 'cabine' en anglais, ou 'box' en americain. Comme dans tout bon restaurant americain, le cafe se boit au litre, et T est en extase devant le sien.



Hollywood Dinner, sur toute sa longueur. En largeur c'est a peine deux fois ce que vous voyez sur la photo



en pleine hesitation : que manger ? Oeufs ? Bacon ? Toasts ? Tout !



Notre restau s'appelle Hollywood dinner, la deco appropriee consiste donc en un tas d'affiches de films, de preference des vieux films (annees 70, 60, 50 et bien avant) car un dinner, ca doit avant tout etre retro. Celui-ci propose meme une blague ultime, puisqu'a cote de la porte des toilettes, ils ont mis une affiche d'un film avec... WC Fields ! Mais oui !



quelle bonne blague ! Au moins on connait le chemin des WC hi hi hi !



Apres nous etre solidement restaures, nous allons admirer une des particularites locales : un tracé de frontiere surprenant, comme on en trouve un peu partout aux US. Juste a l'est d'Omaha, la frontiere entre le Nebraska et l'Iowa est le Missouri (la riviere, pas l'etat), sauf a l'endroit d'une toute petite enclave, où une bourgade de trois mille habitants et cinq kilometres carres, Carter Lake, se trouve du cote Nebraska (a l'ouest du Missouri), mais appartient a l'Iowa (normalement a l'est du Missouri). Comme a cet endroit passe aussi la route qui mene a l'aeroport (Abbott Drive), lorsque vous vous rendez a l'aeroport (dans le Nebraska) depuis Omaha (dans le Nebraska) vous voyez a un moment un panneau sur le bord de la route "Bienvenue dans l'Iowa", et six cents metres plus loin, vous etes a nouveau dans le Nebraska.
D'ailleurs, strictement parlant, notre restau se trouve sur Abbott Drive dans l'Iowa. Mais je ne vais quand meme pas rajouter cet etat a ma liste. Je rajouterai l'Iowa quand je serai alle dans sa capitale, Des Moines (l'occasion de decouvrir si il y a des moines a Des Moines; bien sur).


la confusion regne : on est dans l'Iowa ici ?



mais oui, et content d'y etre en plus !


Apres ces pitreries nous reprenons la voiture pour retourner en direction d'Omaha. J'ai besoin de prendre des photos de gratte-ciel avant de mettre le cap sur notre objectif de la journee (objet du dernier article de cette serie).


l'imposante skyline d'Omaha



un building avec des chambres a louer a la semaine dans un coin pourri d'Omaha



En trainant dans un quartier hasardeux, nous avons la chance de reperer un... euh... comment appeler ca. Une sorte de marché aux puces, ou les gens peuvent venir vendre des objets ou appareils dont ils veulent se 'debarrasser' (T pretend que ca n'est que de la marchandise volee), puis d'autres gens peuvent venir racheter ces trucs. Par exemple des teles... des CDs... des magnetoscopes... des appareils photos (volés, vous dites ?). Ah il y en a de la quincaillerie dans ce magasin, c'est sur. Mais oh ! Quel est ce rayon ? Des armes ! Un gigantesque rayon avec des armes : des armes de poing, des fusils de chasse, des fusils d'assaut. Oh mon dieu.
Comme nous nous approchons pour observer, un des gars du magasin vient nous demander si on a besoin de renseignements, et une conversation s'engage. Quinze minutes plus tard nous savons tout sur leur stock, mais je n'ai rien retenu, a part qu'ils ont des armes d'Allemagne, de France, de Russie... Et je ne vous parle pas d'armes neutralisees ou de collection. La plupart de ces armes sont en etat de fonctionnement, avec des munitions en vente au meme rayon.
Rappelons-nous qu'aux US le droit de porter une arme est inscrit dans la constitution, dont c'est le second amendement. Je vous ai dit que je voulais me renseigner pour obtenir ma license de port d'armes ? Il parait que ca n'est pas tres facile dans le Massachusetts. On va voir ca !
En ressortant de cet arsenal j'attrape un depliant emis par le "US Department of Justice", intitulé "Youth Handgun Safety Act Notice" ('notice explicative sur la loi relative a la securite des armes de poing et a la jeunesse'). Ou l'on aprend, en preambule, tenez-vous bien, que :
(1) The misuse of handguns is a leading contributor to juvenile violence and fatalities
(1) La mauvaise utilisation d'armes de poing est une cause majeure de violence et de deces chez les jeunes
Effectivement, il fallait y penser. Combien d'etudes ont ete necessaires pour se rendre compte que donner des armes a feu a des mineurs, non decidement c'est une mauvaise idee ? D'autre part j'aurais tendance a dire que "la mauvaise utilisation d'armes est une cause majeure de violence et de deces". Point. Pour tout le monde. Mais je me comporte en vilain francais tout peureux. L'objet de cette loi (federale), toujours est-il, est d'interdire la vente, l'usage, ou meme le transport d'armes a feu aux moins de 18 ans. C'est deja ca.
Ca me rappelle cette loi interessante du New Hampshire, qui stipule que le port de la ceinture est obligatoire en voiture pour les moins de 18 ans. Les plus de 18 ans ont le droit inalienable dans cet etat de faire des vols planés a travers le pare-brise de leur pick-up. N'oublions pas que le motto du New Hampshire, c'est "Live free or die", "vivre libre ou mourir". Mais je megar, je megar...
Nous continuons notre tour en voiture vers le centre-ville, ou pendant que je prends mes photos de gratte-ciel, T repere une voiture au message interessant.


Soldiers of Christ


Oui, pourquoi pas, des soldats du Christ, apres tout les armes sont en libre circulation. Faut pas s'etonner apres que les americains partent en guerre sainte contre l'axe du mal.
En vrai je ne sais pas trop de quoi il s'agit, mais ca reste une association de termes que je trouve malsaine. Sur ces sombres pensees, nous continuons notre chemin, en reprenant l'I-80 en direction de Lincoln, comme hier soir.


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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /2008 21:00

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Apres avoir admiré le capitole de Lincoln sous tous les angles, nous remontons dans la voiture, nous nous perdons dix minutes dans les rues de la capitale du Nebraska (en constatant qu'il n'y a decidement rien a y faire), puis nous reprenons la direction d'Omaha. Nous sommes impatients de commencer notre soiree. Car, il faut bien le dire, l'objectif de ce flash-trip, c'est de faire la tournee des bars dans un endroit reculé des US. Mais placons cela sous l'eclairage de l'ethnologue qui se mele a la population locale et qui en adopte les coutumes.


non mais c'est pas vrai ! Encore des rangees de wagons !



interessant hein ?


Nous nous arretons dans un coin paumé pour essayer de capturer le soleil couchant.


dans l'inquietante campagne du Nebraska


Mon dieu ! Qu'apercois-je au loin ? Ne serait-ce point une grange hantée ?


Brrrr...


ah oui c'est ca qui nous interessait... le soir tombe, donc.


Apres avoir couru pour echapper aux griffes et aux crocs d'une armee d'epouvantails revenus de l'enfer pour nous decouper en tranche dans leur grange hantee, nous nous refugions dans la Dodge Caliber (calibre, qui n'en doutons pas, a mis en fuite les epouvantails-revenants) et parcourons les derniers miles jusqu'a Omaha. Notre hotel est cense etre a proximite du quartier vivant d'Omaha, mais les rues sont calmes... calmes... calmes... apres une bonne dispute avec T sur où stationner, la voiture est garee dans la rue devant un parcmetre, inactif jusqu'au lundi matin.
Premiere constatation : les tarifs paraissent moins cher qu'a Boston (ou New York !!). Notre chambre, dans cet hotel qui semble etre un des hotels presentant le mieux d'Omaha, est a $89. On est loin des $300 reclames par ces cochons d'hoteliers a New York pour une nuit. Nous manquons aussi nous etrangler en prenant une biere au bar de l'hotel, pour seulement $3. A Boston il faudrait plutot compter... disons $5 ou $6. Bien, tres bien, Omaha.
Nous quittons l'hotel, inquiets de voir les rues desertes. Nous marchons en direction du 'quartier vivant' d'Omaha, repéré a l'avance sur wikipedia (mais si, ce quartier a son article).


les quelques gratte-ciel d'Omaha de nuit




non, je ne suis pas sur un parking, mais a l'intersection de deux grosses avenues


Bon pour l'instant Omaha, Nebraska, ca ne pulse pas trop le samedi soir.
Et puis nous finissons par mettre la main sur ce fameux quartier. Alors, qu'est-ce que c'est Old Market, en verite ? Eh bien c'est Howard Street, sur trois blocs, de South 13th St a South 10th Street. Voila. Le quartier qui bouge a Omaha, c'est 300 metres sur une avenue. Qu'est-ce qu'il y a en dehors ? Rien. Des parkings deserts. Des rues vides et pas eclairees. Des batiments sombres. Et personne.
Mais ne nous plaignons pas, nous avons trouve de la vie, wou hou !


"l'entree" de Old Market, côté ouest



leur grande fierte a Old Market : les rues ont gardé leurs pavés




a l'intersection principale dans Old Market. Il y a un groupe de jeunes avec des guitares. Bien bien...


Ce qui manque sur la photo ci-dessus, c'est qu'a l'angle du carrefour oppose au groupe de jeunes, il y a une voiture de police en faction :-) Enfin j'ai pas l'impression qu'il y ait beaucoup d'insecurite dans le coin quand meme.


ah ! Meme dans le Nebraska, la petite French touch qui va bien !



Avant de commencer notre tournee des bars, nous allons nous restaurer. Que manger a Omaha ? Un steak bien sur ! Et pourquoi ? Comment ca, vous ne connaissez pas la marque Omaha Steaks ? Direction donc le Upstream, un restau bien chic bien cher dans le Old Market, pour manger un Omaha Steak. Verdict : tres bon, certes, mais un peu overpriced quand meme. $34 pour manger un bout de viande, dans le Nebraska, faut vraiment nous prendre pour des touristes. Bon, ok, on est des touristes...
Note : ce restau est aussi un brasseur, et ils y proposent une biere qui s'appelle ESB. Pour un restau qui sert des steaks c'est une blague n'est-ce pas ? Non... dans leur cas ESB signifie Extra Special Bitter (bitter = amer en anglais), et non pas encephalopathie spongiforme bovine. Dans le meme ordre d'idee, ca me rappelle cette fabuleuse voiture, moche au possible, que l'on croise parfois sur les autoroutes americaines, et nommee sans complexe 'SS'. Pas de Schutzstaffel ici, mais le modele "Super Sport" de la Chevrolet Impala.
Apres le steak nous passons aux choses serieuses et nous allons nous meler a la population locale, en arpentant un certain nombre de bars sur Howard St. L'ambiance est assez differente des bars de Boston, Cambridge, Somerville. Moins 'sophistiquee' on va dire. Les filles sont tout autant maquillees que dans la banlieue de Boston, mais ressemblent malheureusement beaucoup moins a des mannequins en perdition. La tendance chez les hommes et a la macaquisation, ou gorillisation. Courts sur pattes, casquettes a l'envers sur la tete, biceps gonfles a la muscu et aux hormones, ils se deplacent dans les bars en plastronnant de leurs imposants pectoraux, et s'interpellent bruyamment avec leur accent "grosse patate dans la bouche" en discutant les resultats du basket-ball ou en faisant des blagues. Il va etre difficile pour T et moi de nous fondre dans la masse : nous sommes grands, fluets, et avons l'air d'intellectuels (j'ai bien ma casquette du Kentucky sur le crane mais mes cheveux bouclés me donnent un air de clown).
Apres deux tentatives ratees, T propose d'essayer les bars qui se trouvent au sous-sol : l'entree ne donne pas sur la rue, mais il faut descendre un escalier (a l'exterieur) pour y arriver. Soit. Nous atterrissons ainsi par hasard dans un bar a connotation 'irlandaise', avec le decor qui va bien, et le groupe de musique qui va bien. Ca sera la touche de sensibilite de la soiree. Ils sont cinq sur scene, dont trois nanas, au clavier & chant, au violon, et a la basse.
Mais le Nebraska n'est jamais tres loin, et lorsque nous rentrons dans le bar, une jeune femme se rue sur nous en braillant et en postillonnant, la pauvre sans doute a cause de son appareil dentaire. Motif : enterrement de vie de jeune fille, idees stupides, l'alcool aidant, je me retrouve poursuivi par cette nana qui braille "French guy, come baaaack, and gimme your boxer !" (hey toi le francais, reviens et file-moi ton calecon). Vous en conviendrez avec moi, c'est la classe.


un bar irlandais dans le Nebraska



au comptoir du meme bar



Une autre tentative dans un autre bar (toujours au sous-sol) beaucoup plus minable est un echec. Personne ne nous parle, a part la serveuse qui engage la conversation puis se fait reprimander parce qu'elle perd son temps avec nous, et quinze minutes apres notre arrivee, le vide s'est forme autour de nous, comme si les locaux avaient senti qu'il ne faut pas s'approcher de nous. Deception...
Nous rentrons a l'hotel dormir du sommeil du juste, apres ces decouvertes palpitantes, non sans au prealable passer un petit coup de fil a Londres.


T. me surprend dans une cabine telephonique



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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /2008 10:00

Publié dans : week-end au Nebraska
Samedi matin. Me voila en route pour une nouvelle aventure plus ou moins stupide : un flash-trip pour le Nebraska ! Le Nebraska, c'est quoi ? Eh bien non, ca n'est pas l'Alaska. C'est un etat bien au centre des Etats-Unis, loin des cotes, loin du sud, loin de tout. Si je vous dis que parmi ses voisins on trouve le Wyoming, le South Dakota, l'Iowa, vous serez d'accord avec moi pour dire qu'il s'agit de l'amerique profonde... pauvre, raciste, ineduquee, etc etc. Mais ne partons pas avec de tels prejuges, voyons.
A onze heures du matin, T. (le guitariste de mon 'groupe' :-)) et moi sommes a Logan Airport en train d'attendre notre avion pour Detroit. Nous allons passer moins de vingt-quatre heures sur place, et malgre cela le trajet pour Omaha, Nebraska dure cinq heures, avec deux vols de deux heures (correspondance a Detroit).


notre Airbus A320 aux couleurs de Northwest Airlines



je suis super content d'aller dans le Nebraska, ha ha ha!



Deux caracteristiques a noter en ce qui concerne T. : il a aussi sale caractere que moi, le week-end s'annonce donc orageux. Et c'est un mitrailleur fou, d'autant plus qu'il a un nouvel appareil photo. Ce qui nous arrange puisque ca m'evite d'avoir a prendre les photos moi-meme, mais je lui en ai piquées pour vous les montrer.

Six heures plus tard, nous voila sur le sol nebraskais. Il fait froid, mais le ciel est clair. Nous nous entassons dans une voiture de loc', et en avant ! Pas de grandes folies routieres cependant ce week-end. Notre etape la plus longue est celle qui va nous emmener d'Omaha, la plus grande ville du Nebraska (800 000 habitants), a Lincoln, la capitale d'etat, une petite bourgade fade de 300 000 habitants (a noter que d'apres wikipedia l'etat compte au total 1,77 millions d'habitants).
En route en tout cas pour Lincoln, a 60 miles au sud-ouest d'Omaha. Vous pouvez suivre le trajet d'une heure sur cette carte de notre nouvel ami google.maps. Cette carte devrait vous mettre la puce a l'oreille : encore un etat a la platitude exemplaire. Ca se voit aussi particulierement bien depuis l'avion.


sur l'I-80, tres visiblement en direction de l'ouest



Nous decouvrons les paysages du Nebraska, qui ressemblent a... a peu pres n'importe ou ailleurs aux US, tres legerement vallonné, des champs, des fermes, ca pourrait etre le Michigan, le Minnesota, etc.


on the road again



dans la voiture l'ambiance est encore excellente. Je conduis car T deteste ca et j'adore ca. Le monde est bien fait non ?



Nous faisons un stop rapide dans un petit mall pour faire une recolte de cartes. Je ne sais pas si c'est la crise, ou le Nebraska qui est un etat depeuple, mais le coin parait presqu'a l'abandon. Voila encore un decor formidable pour tourner toutes sortes de films d'horreur.


un mall livré a lui-meme dans le Nebraska



notre magnifique Dodge Caliber. Je sais pas de quel calibre ils parlent, sans doute du plomb pour la chasse au moustique ?



en passant la riviere Platte (mais si, c'est son nom)



Interessant : d'apres mon ami wikipedia, Nebraskier, le premier nom donne a cette riviere par un trappeur francais, signifierait "eau plate" dans la langue des indiens Oto (de la tribu Daimler-Benz. Ah non ca c'est moi qui l'invente). Voila un certain nombre de mysteres resolus.
Nous finissons par arriver a Lincoln, ou je crie victoire car je vais pouvoir rajouter un etat dans la liste sur mon blog ! Direction le capitole.


le capitole de l'etat du Nebraska, a Lincoln



Centennial Mall, sans doute imaginee comme l'avenue majestueuse menant au capitole. C'est plutot raté



et voila, un de plus, hi hi hi



le drapeau du Nebraska



Lincoln n'est pas une ville tres excitante. Ca me donne l'impression d'etre une ville typiquement americaine, qui repose sur deux principes chers aux americains : le travail et le loisir. On trouve donc des bureaux, quelques industries, un stade, des bars avec concert en plein air cet apres-midi-la, et puis c'est tout. Rien qui laisse croire que la culture ou l'histoire soient des mots connus des locaux. Ce sont des bons americains qui naissent, vivent, et meurent dans une societe de consommation frenetique, travaillant la semaine, s'abrutissant a tous les ages dans des bars le week-end, et qui passent le reste de leur temps devant la tele, quand ils ne vont pas mourir en Irak, persuadés qu'ils y defendent leur patrie. C'est l'Amerique qui se suffit a elle-meme, et pour laquelle la planete Terre, en dehors du territoire americain, n'est qu'un gigantesque reservoir de matieres premieres, peuplé d'indigenes farfelus et bizarres, aux frontieres floues ou inconnues...
Deprimant hein ?
Ouaip, et d'ailleurs on se casse. So long, Lincoln !

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